Loi sur le vote de la diaspora burkinabè : L’opposition politique hausse le ton au CFOP Spécial

mardi, 31 juillet 2018 20:38 Écrit par  Salamata NIKIEMA/Infobf.net Publié dans Politique

Les trois groupes parlementaires de l’opposition politique burkinabè étaient face à la presse ce mardi 31 juillet 2018. Les députes des groupes parlementaires UPC, CDP et PJRN qui ont dit non hier, au vote du projet de loi portant modification de la loi N° 014-2001/AN du 03 juillet 2001 portant code électoral, sont venus expliquer leur position aux hommes de médias et à l’opinion publique. 

Ce mardi 31 juillet 2015 était jour spécial au siège du Chef de file de l’Opposition politique à la Zone du Bois. Ce rendez-vous n’était pas celui du traditionnel point de presse de l’opposition les mardis mais de façon spécifique pour réagir à une situation des plus brulantes de l’heure, celle de l’adoption, le lundi dernier par les députés, de la loi portant modification du code électoral.

Pour le vote d’adoption du code électoral, les députés de l’opposition et ceux de la majorité s’étaient quitté en queue de poisson. Les premiers ayant claqué la porte de l’hémicycle et les deuxièmes qui ont eux, voté la loi, modifiant ainsi le code électoral. C’est ce qui explique donc cette conférence de presse conjointe ce matin, regroupant tous les députés des groupes parlementaires de l’opposition, qui fustigent ensemble ce qu’ils appellent «attitude irresponsable» du gouvernement dans cette affaire.

cfop-point2Les présidents des partis politiques présents au point de presse des députés

En présence des chefs de partis politiques de l’opposition, les députés dans leur déclaration liminaire font le tour de la question. Selon eux, le nouveau code qui empêche les burkinabè de l’extérieur de voter avec la carte consulaire biométrique, est une violation de la constitution dont l’article 12 dispose que : «tous les burkinabè sans distinction aucune, ont le droit de participer à la gestion des affaires de l’Etat et de la société. Ace titre, ils sont électeur et éligibles dans les conditions prévues par la loi».

Les députés, au cours de ce point de presse indiquent que le processus de vote de la diaspora burkinabè était enclenché depuis 2009 et que cela devait être effectif en 2015. « De quoi le gouvernement de Roch Kaboré a-t-il donc peur? », s’est demandé Nicolas Dah, le président du groupe parlementaire UPC.

Pour la député Juliette Bonkoungou du CDP, c’est la constitution qui garantit le droit de vote de tous les burkinabè et que, ce que l’Assemblée nationale viens de faire est une atteinte grave à cette constitution, «nous nous réservons le droit aussi de déployer une stratégie pour combattre cette loi» a-t-elle lancé, répondant à la question de savoir ce que l’opposition entend faire sur le terrain après ce vote.

cfop-point3Des députés pendant le point de presse

Les députés de l’opposition se demandent ce que « deviendront » nos compatriotes qui possèdent la carte consulaire comme seule pièce justifiant leur nationalité burkinabè, donc leur appartenance au Burkina Faso. Ils se disent inquiets parceque ce projet de code électoral qui exclut cette carte consulaire biométrique veut dire qu’il faut désormais se poser des questions sur ce document administratif délivré par des mandataires attitrés du gouvernement.

Pour l’opposition, pas question que les opérations de vote se déroulent uniquement dans les consulats ou les ambassades comme le stipule désormais le code électoral. Elle estime par ailleurs que ce nouveau code est «l’institutionnalisation de la logique d’exclusion, instaurée par Cherif Sy».

Pour les députés de l’opposition c’est une stratégie du gouvernement MPP, pour réduire le nombre des votants à l’extérieur surtout ceux de la Côte d’Ivoire, une pilule que l’opposition n’est pas prête à accepter. Selon chef de file de l’opposition politique, l’attitude du gouvernement est tout simplement incompréhensible, «c’est une forfaiture et l’opposition va s’assumé pleinement dans les jours à venir» a-t-il.

cfop-point4Des députés conférenciers

Chaque jour que Dieu fait, le gouvernement sème des graines de colère dans le cœur des burkinabè indique Zéphirin Diabré qui précise qu’il n’ya jamais eu de consensus entre l’opposition et la majorité ou pendant les discussions qu’ils ont eu avec le chef de l’Etat, il dit regretter qu’aujourd’hui nous soyons à ce stade du débat.

Victime de la loi en 2015 qui l’a privé de la présidentielle, Eddie Komboïgo, président du CDP n’a pas mâché les mots. «Pour le principe de droit et d’équité entre les burkinabè de l’intérieur et ceux de l’extérieur, nous allons nous battre, dire non et toujours non à ce code électoral sélectif et exclusif», a indiqué Eddie Komboïgo.

Cette rencontre avec la presse a pris fin par les mots de Zéphirin Diabré, qui souligne qu’une stratégie de protestation sera élaborée dans les jours à venir pour exprimer leur indignation face à ce code électoral qui met en marge des milliers de burkinabè de l’extérieur.

 

Salamata NIKIEMA

Infobf.net

 

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