Tribune : L’ONU, justifie-t-elle sa présence en Centrafrique ? Spécial

jeudi, 10 février 2022 18:05 Écrit par  Carlos AYENA Publié dans Internationale

Le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a été défini par le Conseil de sécurité dans sa résolution №2149 en 2014. La dernière prorogation en date de ce mandat, jusqu’au 15 novembre 2021, a été autorisée par le Conseil dans sa résolution №2552 en 2020.

Le budget de la MINUSCA augmente avec chaque renouvellement du mandat. Pour l’année 2022 c’est $1 116 738 700. Les principaux objectifs de la mission sont la protection des civils et des droits de l'homme, l'aide à la stabilisation et au rétablissement de la paix en République Centrafricaine.

Malgré tout l'argent que la communauté mondiale dépense pour maintenir la mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine, elle montre sa faible efficacité dans la résolution de la crise dans le pays.

Pendant la phase active de l'opération militaire des forces armées centrafricaines (FACA) contre les rebelles du conglomérat de groupes "Coalition des patriotes pour le changement" (CPC), le ministère de la Défense de la République centrafricaine a lancé un centre d`appel "1320". En contactant le centre d'appel d'urgence, les personnes ont été invitées à signaler l'apparition de personnes suspectes, les atrocités des radicaux et la criminalité en général.

Cependant, presque immédiatement, les forces de l'ordre ont été informées de nombreuses violations commises par des soldats de la MINUSCA. Bientôt, les éléments de la mission ont presque égalisé le score avec les rebelles en termes de nombre de plaintes. Probablement, la direction des Casques bleus n'a pas exercé un contrôle approprié et a envoyé des criminels en RCA.

Par ailleurs, la veille, le général Ali Zaid Murabak al-Khair, accusé de 500 exécutions extrajudiciaires de soldats mauritaniens, est devenu le commandant d'une des unités de la MINUSCA dans la capitale de la république.

Fin avril 2020, une voiture de patrouille de la mission multidimensionnelle de l'ONU a percuté une femme dans le village de Bebura (préfecture de l'Ouham Pende) et s'est enfuie des lieux du crime. La victime est décédée des suites de l'incident. Sans attendre une vague d'indignation populaire, la direction des Casques bleus a décidé de transférer les coupables dans la ville voisine de Paua, distante de 30 km. Ainsi, les casques bleus amenés en République centrafricaine pour protéger les habitants ont été au centre du scandale.

Au mois de mai, dans la ville d'Amadagaz, située dans l'ouest du pays, une voiture blindée du contingent tanzanien de la MINUSCA a écrasé un motocycliste, un homme de 37 ans père de six enfants du village d'Azos. Les casques bleus ont tenté de rembourser la famille du défunt avec mille francs CFA (environ deux dollars américains) et de la nourriture. Mais lorsque les "casques bleus" ont réalisé que les proches avaient l'intention de demander justice, ils ont recueilli des preuves, chargé le corps du défunt dans une voiture et ont disparu dans une direction inconnue. Les tueurs sont toujours en liberté.

L'année dernière, tout le monde a immédiatement pris connaissance de plusieurs cas où des soldats de la paix de l'ONU étaient impliqués dans l'exploitation et l'exportation illégales de ressources naturelles en République centrafricaine. D'abord, une photo d'un camion renversé d'employés de la MINUSCA, autour duquel étaient éparpillés des sacs de cobalt, est apparue sur les réseaux sociaux, et plus tard, la police de Lisbonne a découvert un stratagème de contrebande dans lequel les contingents portugais de l'ONU étaient impliqués.

Les forces de l'ordre ont établi que des soldats de la paix transportaient de la drogue, des diamants et de l'or de la République centrafricaine vers l'Europe à bord d'avions de transport militaire. Avec toutes les lacunes, le mandat d'une mission inefficace est prolongé, tandis que le budget augmente. Ce montant pourrait être utilisé pour lutter contre la malnutrition et la faim, lutter contre les maladies et construire des infrastructures.

Malheureusement, à ce jour, nous avons plus de 15 000 éléments déployés dans le cadre de la mission qui ne résolvent pas les problèmes urgents de sécurité en République centrafricaine.  

 

Carlos AYENA

 

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