En rappel, Cissé Fahadou et Balima Hama se rendaient à une audience avec le Haut-commissaire de la province de Yagha Adama Conseiga, lorsqu’ils ont été retrouvés morts à environ 4 km de Sebba, le vendredi 31 mai 2019. Selon le président de l'ODJ, Gabin Korbéogo, après de longues procédures ayant abouti à la réalisation des scanographies, le médecin légiste commis à la tâche a déclaré qu’il ne pouvait pas réaliser l’autopsie et les corps sont toujours conservés à la morgue du CHU de Bogodogo.
Pour l'ODJ, l’argument brandit par le médecin légiste est que les corps ont été manipulés et qu’il y a du formol. Contestant cet argument et comptant sur l’autopsie pour identifier les assassins et ou les commanditaires, l’ODJ à travers ses démarches a été rassuré par d’autres médecins que la thèse du médecin légiste ne tient pas et que l’autopsie est toujours réalisable.
C’est ainsi que, seule, ou en unité d’action avec d’autres structures, l’ODJ a mené des meetings, sit-in, marches et bien d’autres activités, dont l’objectif est d’informer l’opinion sur les conditions dans lesquelles ces assassinats ont été perpétrés et les procédures judiciaires en cours.
L'organisation s'est aussi donnée pour mission de dénoncer les blocages inhérents à ce dossier et exiger la lumière sur ces assassinats. Ces dossiers comme tous les autres dossiers de crimes de sang au Burkina Faso, ont toujours connu des blocages dont il est difficile de situer les responsabilités. Il s’agit en exemple du dossier Thomas Sankara, du dossier Norbert Zongo et du dossier Dabo Boukary. Pour les conférenciers, les raisons des blocages sont liées à la nature de crimes.
Ils logent ainsi l’assassinat de Cissé Fahadou et Balima Hama dans la catégorie des crimes politiques. « Aujourd’hui nous en avons la conviction qu’il s’agit de crimes politiques » a déclaré Chyzogone Zougmoré, président du MBDHP.
Sur la question du processus de réconciliation engagé au Burkina Faso, les conférenciers s’abstiennent de se prononcer, estimant qu'il s’agit d’une réconciliation de façade qui passera sous silence les nombreux dossiers de crimes de sang, crimes économiques et qui permettraient de perpétuer l’impunité au Burkina Faso.
Les conférenciers disent être contre cette idée de réconciliation nationale. Pour eux, les dossiers de crimes sont des préalables pour tous processus de réconciliation nationale.
Sibila DABILGOU
Infobf.net