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Incinération de fétiches par une église catholique : Des adeptes de la tradition invoquent les ancêtres Spécial

jeudi, 29 avril 2021 16:16 Écrit par  Sibila DABILGOU/Infobf.net Publié dans Culture

Après une plainte déposée contre l’église catholique Saint-Pierre de Gounghin le mercredi 28 avril 2021 pour profanation et incinération de fétiches traditionnels, c’est autour d’un point de presse que le Collectif d’associations de la société civile a dénoncé ce jeudi 29 avril 2021 à Ouagadougou, l’attitude de la dite église.

Le mercredi 28 avril dernier, un collectif d’association déposait une plainte au Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou, contre la paroisse Saint-Pierre de Gounghin. Et ce jeudi 29 avril, ce même collectif, devant les hommes de médias a témoigné son indignation vis-à-vis de cette attitude de l’église catholique.

En effets, le 20 avril dernier s’est tenue à la paroisse Saint-pierre de Gounghin une cérémonie d’incinération de gadgets traditionnels qualifiés de fétiches. Selon les conférenciers du jour, ces agissements de la part de cette église sont « un attentat aux symboles d’une foi légalement reconnu au Burkina Faso, et portent atteinte à la coexistence pacifique entre communautés religieuses ».

Ils dénotent que les adeptes de la foi traditionnelle, fidèles à l’esprit de maturité de leurs ancêtres sont restés jusque-là impassibles face aux nombreuses provocations et vexations faites à leur croyance.

contre-egliz-2                                                             Le comité dédie un rituel aux ancêtres 

Toutefois ils craignent que l’intolérance, le mépris et la profanation de la foi d’autrui soient source de radicalisme avec des conséquences très souvent incontrôlables. « Nous demandons à ceux qui se convertissent et aux prêtres de prendre des précautions de remettre à ceux qui sont restés et aux propriétaires de religion qu’ils abandonnent, le patrimoine de prière qui leur appartient (…), et nous faisons cet appel pour demander à la communauté chrétienne de trouver d’autres instruments pour convaincre leurs fidèles que de continuer à s’inspirer par coup de satanisation les biens d’une autre communauté… », a indiqué Lianhoué Imhotep Bayala, secrétaire général de l’association Deux heures pour nous, deux heures pour Kamita.

Le collectif après avoir lancer un appel aux autorités traditionnelles à la création d’un Haut conseil de la foi traditionnelle afin de porter un point de vu unifié de la tradition partout où cela est nécessaire, a invité par ailleurs les autorités politiques à poser des actes concrets en faveur de l’équité dans le traitement des croyances réligieuses sans aucune exception.

Ont animées la présente conférence de presse, six associations que sont, le Haut conseil national de dozo du Burkina Faso, l’association culturelle Koombi culture, Faso kudumdé, Miirya, Maaya blon et Deux heure pour nous, deux heures pour Kamita.

 

Sibila DABILGOU

Infobf.net